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SATURDAY 16.09.2017 :: 
10 ANS BORN BAD RECORDS ::
 Garage Rock
Frustration (FR) + Magnetix (FR) + J.C. Satan (IT/FR) + Usé (FR) + Cannibale (FR)
 » Frustration (FR)  (Post-punk / Electro)

Deux ans d’attente pour que le premier LP de FRUSTRATION « Relax » soit prêt … Deux ans de consensus autour de « Full of sorrows », leur maxi précédent, plébiscité aussi bien par les branchouilles, les talibans du Rock’n roll que les gotheux......

Bref, après 3000 maxis de Full of Sorrow vendus, et ce légitime buzzzz autour du groupe, la recette de FRUSTRATION reste la même : Des morceaux virils et puissants au service d’un post punk sombre et froid…

Vous découvrirez aussi à l’écoute de ce premier album, que Frustration en a profité pour élargir son spectre musical avec de nombreux morceaux electro. De l’ electro pétasse de « We have some » en ouverture de l’album, au terrifiant « Faster » en clôture, les frustrés se jouent des barrières musicales pour proposer un album dense et varié.

Sinon, pour l’essentiel continuez à penser à WARSAW meet WIRE meet DEVO pour avoir une idée assez précise de leur univers et références. Rajoutez-y, une violence tout en retenue, et une démence qui font défaut aux usurpateurs actuels qui se revendiquent de ces groupes, un vrai chanteur qui chante, des drums fébriles, des synthés dégénérés qui vous font mal à la tête, une guitare incisive comme la lame d’un cran et vous aurez compris que Frustration reste l’antithèse de ces groupes Rock coldeux inoffensifs et chichiteux.

Sinon, vous ne pouvez pas ne pas être au courant que FRUSTRATION c’est terrible en live !

 » Magnetix (FR)  (Rock Garage)
 » J.C. Satan (IT/FR)  (Indie / Garage / Pop)
Autre groupe du prolixe Arthur (Polar Strong) et de la charmante Paula, J.C. Satàn nage entre deux eaux. Une, troublée par des guitares saturées, dégoulinantes de fuzz et autres bruits parasites. Et une deuxième qui seraient plus apte a faire danser les poissons, car mélés a ces lignes de guitare, on a des lignes de chants poppy comme il le faut. JC Satàn c’est le bonheur d’un ricard bien dosé, qui reste dans le crane mais qui nous fout pas le bide en l’air.
 » Usé (FR)  (Electro / Rock)
Alors que l’on continue de presser la poire à cool du garage-rock comme si elle devait couler éternellement, les matous les plus louches du quartier sont partis boire ailleurs. Assis sur un parpaing, une bière chaude à la main, dans la pénombre d’une cave de banlieue,  ils préfèrent assister aux soubresauts malades d’une chanson française qui dégénère. Fabriquée avec du matériel de récup’ et des miettes de poésie, cette complainte des bas-fonds qui a pour artiste-étendard un Noir Boy George, et pour compagnon de galère un Jessica93, remplit régulièrement des salles minuscules et mal sonorisées, à la grande joie perverse de tous ceux que le festivisme ambiant a rendus méfiants, et qui ne sont pas exactement persuadés de vivre dans la meilleure des époques.
 
Quand on a appris à jouer en tripotant les instruments pour enfants des Nouvelles Galeries, faute de moyens, on accouche d’une musique bricolo qui ne mise pas sur la virtuosité, mais détourne ce dont elle s’empare, et vous tend le résultat comme un jouet déglingué imprégné de magie. Nicolas Belvalette, dit Usé, ne joue pas vraiment de la guitare, et d’ailleurs c’est à peine une guitare. Il tape dessus, répète un accord ad nauseam, colle une cymbale en zinc sur le manche, et joue six instruments en même temps. Avec Headwar, qui comprend trois autres membres pareillement versés dans les arcanes du rythme et la fonction multitâche, il pulvérise les petites étiquettes « noise », « rock » et « techno » qui nous servent à apprivoiser le bruit, pour nous ramener aux fondations du son, aux pulsations primitives qui préexistent au langage ou à la mélodie, quand les battements d’un autre cœur constituaient tout notre univers sonore, du fond de notre condition amniotique.
 
Nico a longtemps géré une salle de concert à Amiens, l’Accueil Froid : quand l’endroit a fermé, il s’est présenté aux élections municipales sous l’étiquette d’un parti fantaisiste, le Parti Sans Cible, et récolté 2,17% des voix. Dans la foulée, il est élu « Amiénois de l’année » par les lecteurs du Courrier Picard. L’Accueil Froid rouvre, ailleurs. Une ligne de plus dans une vie qui ressemble déjà à un roman. D’une santé vacillante, victime des accidents les plus surréalistes (lors d’un festival, il se fait rouler dessus alors qu’il dort dans sa tente), Nico n’a jamais semblé avoir de plan de carrière, et passe sa vie sur les routes. Multipliant les projets (Headwar, Les Morts Vont Bien, Roberto Succo, Yvette Corner But, Sultan Solitude, on en passe), il vivote dans cette interzone musicale qui est comme une grande famille de la débrouille, où la sortie d’une K7 ou d’un EP bandcamp est un événement en soi.
 
« Usé », son projet solo depuis 2011, sort aujourd’hui un album sur Born Bad, Chien de la casse. Sur la pochette, un van poussiéreux dans le demi-jour d’église d’une grange abandonnée, et des clébards résidents rassemblés à la hâte : rien n’est inventé. Pourtant, les couleurs sont chaudes, l’ambiance est détendue. Pas de misérabilisme. On envie presque celui qui, au centre de l’image, a la chance de se livrer quotidiennement à cette joie enfantine qui consiste à taper le plus fort possible, sur n’importe quoi, dans un lieu vierge au milieu des animaux. La musique d’Usé ressemble à cette free-party que l’on a cherché dans une nuit épaisse comme du goudron, au cœur de la forêt, en se fiant au grondement sourd qui semblait émaner du sol : sauvage et agressive, mais aussi familiale, accueillante, touchante dans son dépouillement. Plaisir d’abdiquer devant la toute-puissance de la transe, jouissance régressive des tambours qui foutent le bronx, ritournelles légères, entêtantes, textes rythmiques comme un poème Dada : tant pis pour demain, quand il fera jour, car tout ici tremble d’une excitation qui ressemble à la vie, et que l’on ne trouvera pas ailleurs.
 
Il y a sept titres sur Chien de la casse, dûment introduits par les grognements mauvais d’un bâtard ivre de haine, probable cerbère d’une caravane de dealer de meth dans l’Indiana. Sur six morceaux, Usé semble écrire une ode aux entrées par effraction dans les décharges pour aller cogner sur des bidons rouillés jusqu’à les crever. Seule « Sous mes draps » relève de la comptine triste, mais quitte toutefois les terres du réalisme social pour les hauteurs brumeuses du film d’horreur de fête foraine. « C’est si lisse » conclut l’album sur une alarme à incendie et des aboiements humains, dans une ambiance de messe noire saturée de backward tapes : le rêve prend fin dans le chaos, c’est bientôt le jour. La vraie violence commence. On se voit au squat’ la semaine prochaine.
 » Cannibale (FR)  (Garage Rock)
Encore inconnus sur la carte du rock, les Français de Cannibale doivent leur nom au fait qu’ils pratiquent « une sorte de garage réunionnais » où la moiteur tropicale du groove bouffe lentement toutes les idées reçues sur ce que devrait être une sortie Born Bad (des Blousons noirs écoutant Johnny, mais attendez, on va y revenir). Si cannibalisme il y a sur « No Mercy of Love », c’est donc plus en référence aux rythmes caribéens qu’on entend parfois, ainsi qu’à ce psyché de cambrousse, qui font de ce premier album une sorte d’anomalie au pays des 35 heures.
 
Pas de silence chez Cannibale, et pour les agneaux, on en restera au bled paumé où vivent les membres du groupe (un hameau en Normandie, 300 âmes vaches comprises). Plus que de bouffer des hommes, les mecs ont jusque là plutôt rongé leur frein. Leur histoire, comme leur musique, sort un peu des caciques : une rencontre au collège pour le guitariste Manuel et le chanteur Nicolas (jusque là c’est l’histoire de 99% des groupes de rock), sauf que les membres de Cannibale ont un profil à la Frustration (ils ont dépassé la quarantaine). Que s’est-il pendant vingt ans ? Les mecs y ont cru dur comme une barre à mine, ont joué dans des tonnes de groupes pas retenus au casting (Boloniaise, Amib, Kouyaté Neerman, Renza Bo, Blast…) et se sont même retrouvés musiciens de studio aux côtés de Camille Bazbaz ou… Johnny (on y revient). Après avoir gagné un tremplin Inrocks Labs avec leur avant-dernier groupe (Bow Low) et sorti deux albums chez Because Editions, les Normands décident finalement de créer Cannibale en 2016.
 
A priori, le début de cette non carrière ne laissait pas présager de ce qu’on peut aujourd’hui entendre sur « No Mercy Of Love », à savoir un étonnant mélange entre cumbia, rythmes africains et rock garage ; dit autrement, une sorte de chainon manquant entre Fela Kuti, les Doors et The Seeds. Pour se hisser sur le podium de la gloire, Cannibale a finalement la bonne idée de sortir un tabouret du placard puis de contacter JB de Born Bad. Et c’est là qu’on entre dans un remake de L’équipée sauvage avec Brando : « Puis JB nous a répondu ça lui plaisait, alors il est venu en moto chez nous, il a fait un dérapage pour nous impressionner, et on a mangé de la purée. Il en a repris deux fois, tout en nous disant : ‘’cette purée est complètement baiséee !’’. Après il est reparti en nous disant : ‘’en route pour la gloire !’’. Alors on attend ». Avec des morceaux comme Hidden Wealth, Cariibbean Dream ou Mama, patience les gars, ça ne devrait pas tarder à arriver.
 
Après les récents « The Quirky Lost Tapes » d’El Blaszcyk et du « Rhapsode » de Forever Pavot – à qui Cannibale fait parfois penser – cet album est une nouvelle preuve de l’ouverture d’esprit du label qui confirme aussi la passion du patron pour les destins tordus. Qui d’autre aurait pu miser sur une bande de quarantenaires aussi blancs dans leurs origines qu’ils sont noirs à l’intérieur ? A priori, personne. « Sortir notre album à plus de quarante balais, ça nous fait bien marrer. Evidemment qu’on y croit toujours, on fait que ça, ça nous maintient en vie ». Comme quoi, on peut se nommer Cannibale et croire aux résurrections.
    
DETAILS ::
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 + ENTRANCE : 17/20€
 + OPENING HOUR : 20:00
 + ORGANIZERS : Elzo Durt: email
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